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Al Aan TV - Dubai

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Marc Nader, Ses Images, Ses Musiques

Zéna Zalzal - © L'Orient-Le Jour, Août 2007

« Je parle français, anglais, arabe, musique et image », lance, dans une boutade, Marc Nader en guise de présentation. Un « multilinguisme artistique » que cet homme, que l’on devine « communicateur-né », utilise comme autant de moyens d’expressions et de vecteurs d’émotions le reliant aux autres.

 
Photographe depuis près de quatre décennies, compositeur depuis presque autant de temps et chanteur à l’occasion (il a enregistré, il y a deux ans, un CD de « soft rock »), Marc Nader aime traquer et transmettre l’émotion esthétique. Laquelle peut aussi bien émerger à ses yeux d’un alignement de chaises longues à la plage que d’un beau visage, d’un paysage intéressant ou de quelques notes de musique harmonieusement accompagnées de paroles adaptées.

                             
« Pour faire de la photo, il faut être disposé à regarder autrement », dit-il. Pour Marc Nader, c’est l’œil du photographe qui isole les éléments d’un tout, qui en fait ressortir un détail, qui cisèle un cadre de prise de vues... Qui, en résumé, construit l’image avant même de cliquer sur le déclencheur. Le reste est juste une question de technique.

 
En homme de son époque, il privilégie depuis un moment déjà la photo digitale et
ses multiples possibilités de manipulations, même si de temps en temps « l’envie de prendre un appareil et d’y mettre un film » le ramène vers la bonne vieille caméra argentique. « Elle donne des images plus chaleureuses, plus tactiles presque, dans le rendu de ses tonalités, ses nuances, que celles du numérique, plus parfaites peut-être mais plus froides. »

Less is more

Son credo : « Less is more. » Minimalisme et rigueur dans la composition.
« Je suis un fana de la composition. Laquelle doit être équilibrée et dénuée de tout élément superflu », soutient-il.


Mais aussi simplicité dans le langage, pour que la photo soit parlante, qu’elle provoque « une émotion universelle », même si chacun la perçoit à sa façon.
 

Ces deux exigences posées, tout le reste devient complémentaire, additionnel et adaptable en fonction des modalités et de ce à quoi est destinée l’image prise. Le choix de la couleur ou du noir et blanc par exemple, ce jeu de lumière et d’ombre que Marc Nader apprécie particulièrement.

 
Totalement autodidacte, cet artiste de la caméra affirme n’avoir jamais pris un cours de photo. Sauf qu’il a baigné depuis sa tendre enfance dans un univers d’images et de sons. Sa mère était pianiste et peintre. Ce qui le conduit naturellement à prendre, dès l’âge de sept ans, des cours de piano. Qu’il délaissera à l’adolescence pour la guitare. L’époque est « rock and roll » et Marc Nader va successivement former plusieurs groupes de rock.
 

« Le premier, c’était au collège de Jamhour, avec notamment Gabriel Yared, se souvient-il. Le second, on l’avait baptisé The Vultures (Les vautours), ce qui collait parfaitement à l’esprit des années soixante. J’y jouais de la basse. Ça a duré ainsi quelques années, avant que je ne parte faire mes études en France, où j’ai continué la musique en dilettante. » Sauf qu’en France, il va véritablement découvrir l’univers de la photo. « En faisant des portraits d’amis, de copines, leurs books de mannequins... », il se prend au jeu et se lance comme photographe de mode et de publicité, à peine ses études « sérieuses » à l’École supérieure de commerce de Paris bouclées.

L’avant-garde de la manipulation

Début soixante-dix, il rentre au Liban où – consécration ! – il signe en 1973 la couverture du catalogue du Festival de Baalbeck. « C’était une photo en perspective, prise de très bas, des marches du temple de Jupiter, et traitée de façon négative, c’est-à-dire avec des couleurs et des valeurs inversées. Ce qui représentait à l’époque l’avant-garde de la manipulation », se rappelle-t-il. À partir de là, sa carrière de photographe artistique est vraiment lancée au Liban. Et parallèlement, il va évoluer dans le monde de la publicité où, au bout de quelques années, son expérience musicale va l’amener à composer également des jingles. Dont une musique fameuse dans les années quatre-vingt, « qui est passée durant deux ans sur les ondes de RMC », pour une marque de montres japonaises à quartz et qu’il avait composée « avec, en rythmique, le bruit de fond d’un réveille-matin », signale-t-il encore amusé aujourd’hui.  Toujours cet enchevêtrement d’image et de musique.

 
Durant les années de guerre, Marc Nader va s’envoler pour Paris, puis les États-Unis, où il établira son studio photo durant une dizaine d’années avant que l’appel du pays ne le ramène en 1996.
 

Là, le département d’architecture de l’AUB lui offre un poste de professeur de photographie, ce qui lui laisse le loisir de faire son « propre travail artistique » en parallèle. Depuis, alternant entre l’enseignement et la création, Marc Nader est un homme heureux.
 

Heureux d’enseigner : « J’adore cette interaction avec mes étudiants qui m’apportent en fraîcheur autant sinon plus que ce que je leur donne moi-même », assure-t-il avec enthousiasme et modestie.
 

Heureux de « capter à travers la caméra l’indéfinissable », ce défi du regard instantané porté sur les objets, les lieux, les paysages et surtout les visages, dont il essaye de saisir l’âme.
 

Heureux d’enregistrer « pour le plaisir », avec la complicité de son ami Claude Salhani (qui en a signé les paroles), un CD de sa composition, In The Confines of your Head (un mélange de soft rock, un peu dans la veine de Léonard Cohen ou des Dire Straits), dont la sortie a malheureusement coïncidé avec l’assassinat de Rafic Hariri, il y a deux ans, mais que l’on peut se procurer sur Internet*.
 

Et très heureux de préparer – après avoir participé, dans la section photographie, au dernier Salon d’automne du musée Sursock – une exposition à Dubaï, qui regroupe également des œuvres de Pete Turner, « le maître incontesté de la photo en couleurs », fait remarquer fièrement celui qu’on pourrait qualifier également de virtuose de la « photo musicale ». Celle qui allie composition, rythme et orchestration des couleurs...<


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Troubled Times

Henry Bateman, Publisher- PissedPoetPics.Com, © The Expat, April 2007

Troubled Times, the latest guest gallery to be added at Pissedpoet  Pics is a series of photographs from Lebanon by  Marc Nader. A teacher at the American University in Beirut, he has lived through this country’s turbulent recent history.

The photographs in Troubled Times depict Nader’s relationship with his home. He has captured the beauty of the country, that keeps drawing him back despite the danger to life and limb.

With a true artist’s eye, Nader’s photographs make powerful statements devoid of any sentimentality. His images tell of his ongoing affair with the Lebanon and how a place and its people can capture a human heart.

The photographs in Troubled Times speak from the heart.<

 

Nader Photographs Narrate Stories

© Dina Abou Salem Dean, AUB Bulletin Today - April 2006

Unique symmetry, richness, and mystery characterized the photographs of Marc Nader, which were exhibited in West Hall from March 20 to 31. His work is of the kind that tells the viewer stories that would have been lost to oblivion had it not been for his keen and sensitive camera eye.

Marc Nader, who is a part-time faculty member in the Department of Architecture and Design, first became interested in photography in 1963. During the 1970s and upon graduating from L'Ecole Supérieure de Commerce of Paris, he developed that interest into a noteworthy career as a commercial and fine art photographer. His photographs of Parisian rooftops, landscapes, women's portraits, and contemporary art tell a great deal about Nader; they are, according to him, "a means for self-expression."

The 84 photographs on display were intended to "trigger one's imagination and make one wonder about the place or the person in the photograph," says Nader. "I did not organize this collection chronologically or thematically, because each is an independent piece that captures the moment and represents a particular epoch in my life."

Professor Marwan Sabban, chairman of the Department of Photography, introduced Marc Nader as one of the few fine arts photographers "who have refined their art to bring the level of photography to a new dimension." Nader's exhibit is the second in a series of photography exhibits organized by AUB.
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Le Panorama Photographique de Marc Nader

Maya Ghandour Hert - © L'Orient-Le Jour, Mars 2006

Marc Nader avait douze ans lorsqu’il a pris sa première photo. Elle représentait une course de régates. Voyant l’épreuve en couleurs, frappé par le contraste entre le temps brumeux et les voiles chamarrées, il s’est exclamé: «Q’est-ce que ça peut être beau, une photo prise à partir d’une boîte en plastique!» Entre ce premier déclic et le dernier «clic!», une vue de Bécharré enneigée, quarante ans d’écart. Et, toujours, une même recherche esthétique perfectionniste. Tout un parcours photographique, auquel l’Université américaine de Beyrouth rend hommage aujourd’hui à travers une rétrospective des œuvres de l’artiste. Au West Hall, jusqu’au 31 mars.


«Péniblement!» C’est ainsi que s’est fait le choix des œuvres exposées. «Il y avait beaucoup de photos que j’avais envie d’inclure dans cette exposition. Mais de nombreuses épreuves ont été perdues durant les événements.»


Il a dû donc effectuer sa sélection, un peu au pif, un peu en suivant ses affinités. «Ces photos représentent ma façon de voir les choses. La photographie n’est-elle pas après tout une manière d’exprimer artistiquement des données qui sont à la portée de tout le monde?» s’interroge l’artiste. Il pense en effet que photographier, c’est avoir affaire aux apparences, aux objets, aux lumières, aux matières. «Les objets environnants m’ont toujours préoccupé. Et les images appartiennent au monde des objets... Les images captent des choses qui ont envie d’être vues. Je capte la séduction propre aux objets. Et parce que les objets vous captent, vous les captez par le regard.» Une sorte d’échange, de complicité, se produit...


Accrochées sans ordre chronologique particulier, les photographies de Marc Nader allient à la fois esthétique et technique. Du port de Beyrouth aux quais de San Francisco, de la vallée de Douma aux toits de Paris, «chacune suit son propre cours de création. S’il existe un contraste entre une œuvre et sa voisine, il est totalement fortuit. Elles représentent une optique des choses dans le temps». Le voyeur, lui, ne manque pas de déceler une certaine évolution au niveau technique. «Ma façon de voir les choses n’a pas changé, indique Nader. Mais les photographies récentes reflètent forcément une certaine maturité.»
Le photographe ne nie pas sa recherche de l’esthétique, «des choses belles», comme il aime les nommer. Il affectionne les contrastes, les jeux d’ombre et de lumière, la superposition des lignes géométriques et des tracés flous.


Il emploie souvent des cadrages très rapprochés, en très gros plan, jouant de l’éclairage pour estomper les détails et obtenir des effets de clair obscur.


Il y a également là plusieurs portraits de femmes, sous un objectif qui se veut à la fois tendre, esthétique et puissant. Où la grâce féminine est mise au service d’un thème, d’un sentiment, d’une idée. «J’aspire à capter toute la beauté qui apparaît devant moi», affirme-t-il.


Mais en matière de photographie, les yeux sont plus parlants que les mots, aussi vous laisse-t-on le soin de découvrir par vous-mêmes le travail de ce photographe.
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Images Musicales et Musiques Photographiques !

Carine Nicolas - © Mondanité, Juin 2005

Après avoir travaillé dans le domaine de la publicité durant plusieurs années, au Liban puis aux Etats-Unis, Marc Nader décide aujourd’hui de faire ces propres « trucs » comme il dit, la photo en amateur et la musique… Il enseigne à l’université américaine, une expérience enrichissante où Marc apprend de ses élèves autant qu’ils apprennent de lui. Indissociables, la musique et la photographie sont pour Marc Nader des moteurs d’émotions…. Une  recherche de l’esthétisme et une maturité artistique que vous retrouverez non seulement dans son nouveau CD mais également dans ces photos…

 «In the confines of your head» est-il votre premier CD?

Oui. Avant, tout ce que je faisais, c'était sur commande, surtout des musiques publicitaires… Ce CD je ne l’ai d’ailleurs fait que pour m’amuser, m’exprimer. J’ai souvent composé pour des amis musiciens ou chanteurs, aux Etats-Unis ou en France, j’ai toujours fait de la musique.

 D’où vous vient cet amour de la musique et de la photo? Avez-vous fait des études dans ce sens?

Je me suis souvent penché sur la question. J’ai grandi dans une ambiance propice: ma mère était peintre et pianiste et cela a probablement laissé des traces. J’ai pris des cours de base, il est vrai, de piano, puis la maîtrise de la guitare et du keyboard est venue seule. Je me suis en quelque sorte auto-enseigné. Les études que j’ai suivies n’ont rien à voir avec l’art: j’ai fais l’ESCP… mais passionné de photo, j’ai décidé d’en faire ma profession..

 A quel genre de musique appartient votre CD?

Je n’arrive jamais à répondre spontanément à cette question. Je n’aime pas le catalogage. C’est un genre de soft pop rock, il y a des chansons rythmées et d’autres plus calmes. Ce n’est pas le genre de musique que vous écouterez 24h/24 à la radio. Elle est relaxante, elle demande une certaine maturité pour être vraiment appréciée…

 Claude Salhani a écrit les paroles de vos chansons, quelle part avez-vous eu sur les thèmes de ces chansons?

J’ai toujours eu du mal à traduire mes émotions par des mots écrits , je parle beaucoup mais lorsqu’il s’agit d’exprimer clairement une idée je le fais mieux en photos et en rythmes! C’est pourquoi Claude Salhani s’est occupé des paroles pour moi. Mais c’est tout un processus… l’idée de chaque chanson vient de la mélodie, j’écoute, je fredonne, je m’imprègne, cela crée des images en moi, je les parcours, et l’image qui revient le plus souvent est l’image du thème de la chanson. Je donne donc à Claude une « image », parfois très diffuse, et une mélodie sur laquelle il crée un texte. Par exemple pour le track «In the Smoked Filled Room»: je voyais une boite de nuit prête à se vider, les chaises déjà sur les tables, encore enfumée, un croisement de regards, une femme … le tableau quoi. Vous savez, en photo c’est la même chose, une musique peut aussi m’inspirer une image, c’est un entrelacement …

 Pourquoi l’anglais?

Si nous avons choisi l’anglais c’est parce que Claude est anglophone en premier lieu. Et ensuite je trouve que la langue anglaise est plus musicale, le mot anglais est plus maléable, plus fluide que le mot français. Il n’y a pas d’arrêt net en anglais comme en français. Par contre je n’exclu pas du tout un CD en français, mais ça sera pour plus tard.

 Vous avez un producteur?

J’ai entièrement produit le CD. Cependant la distribution pour le Moyen Orient c’est Music Master qui s’en occupe. Music Master distribue des musiques occidentales importées, mais pas celles produites localement … Donc avec moi ils se lancent en quelque sorte. Comme moi!

 Et pour un éventuel livre de photos, vous produirez vous-même également?

Si je fais un livre de mes photos il faudra que je trouve un éditeur, l’avis de recherche est lancé ... Je veux faire quelque chose de vraiment parfait avec du beau papier, une belle mise en page et une belle impression. Ce serait une rétrospective de mon travail personnel sur près de 40 ans.

 Quels sont vos thèmes de prédilection, vos critères de création?

Je ne suis pas vraiment très « thèmes ». La photo pour moi c’est l’émotion, il faut que je voie quelque chose qui me touche, me plaise. Les critères: le jeu subtil de la lumière et des ombres, l’harmonie des couleurs, des lignes et des formes. J’aime construire mes photos, parfois en quelques secondes parfois plus, j’enregistre ce que je vois, en appliquant fidèlement et instinctivement mes critères esthétiques d’équilibre et de simplicité… J’aime ce qui est épuré!

 Quelle marge donnez-vous à l’improvisation?

La plus grande partie de mes photos, à part les set-up en studio, sont improvisées, en ce sens que le sujet se présente à moi, tel quel, sans prévenir, je le regarde, je l’enregistre. Vous savez, on voit beaucoup de chose sur un angle de 180 degrés, mon attention va sur les détails qui me font vibrer, des gens, des objets, des scènes. Les détails peuvent faire 4km comme 2 cm, ce qui n’est rien sur un angle de 180 degrés. J’essaye d’enregistrer mon sujet de la façon la plus efficace et la plus simple, de traduire une impression, une émotion, de la communiquer en faisant abstraction de tout ce qui pourrait l’altérer.

 Vous faites vous-même vos tirages?

Actuellement, il m’arrive très rarement de faire de la chambre noire, je travaille surtout en numérique, c’est plus rapide, plus relax, plus « propre », mais un peu froid à mon goût. C’est vrai que l’analogique a un meilleur rendu, plus subtil, plus chaud, presque tactile. Et puis le grain d’un film, c’est pas forcément moche... Je combine souvent film et numérique. C’est comme le vynil et le numérique en musique, c’est incomparable. Cependant je donne à la photo numérique 3 ou 4 ans pour atteindre la qualité et surtout l’accessibilité de l’analogique….

 Lorsque vous passez devant une scène qui attire votre attention et que vous n’avez pas votre caméra…

Je ne me promène pas toujours avec ma camera et souvent j’ai des pincements. Mais vous savez, être photographe ce n’est pas seulement prendre une photo, c’est d’abord savoir regarder et voir, puis s’imprégner de toutes les scènes de la vie et des émotions qu’elles provoquent … Mais il est vrai que quelques fois il y a une frustration devant l’incapacité de photographier certaines choses…

 La peinture est-elle une source d’inspiration?

La belle peinture est la plus belle source d’inspiration, Rembrandt est une superbe école de lumière… Je m’inspire inconsciemment peut-être des grands peintres, mais mon moteur de création c’est surtout ce que je vois …<


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Le Programme du Festival de Beiteddine

Natacha Sikias - © L’orient-Le Jour, Juillet 1997

Cette année, le «programme» du festival de Beiteddine affiche un nouveau look, harmonieux. Les pages publicitaires conventionnelles sont remplacées par des photos d’art, accompagnées du nom du sponsor. Une soixantaine de vues, la plupart signées Marc Nader, et quelques-unes par Saadi el-Hakim. Des images qui marient des instruments de musique à l’architecture du palais. L’initiative revient à Leila Musfy, «graphic designer» du catalogue.

«Enthousiasmé par l’entière liberté qu’on me laissait, j’ai immédiatement été partie prenante», dit Marc Nader, rentré des Etats-Unis depuis un an.

«Il s’agissait au départ de photographier des instruments. J’ai proposé le palais, comme cadre, pour être ainsi au cœur même du «sujet». Prenant au hasard un instrument, j’ai alors tenté de provoquer une interaction entre le graphisme architectural intrinsèque, riche et détaillé, de Beiteddine et le graphisme fonctionnel de l’instrument. Il en est résulté un troisième élément, qui m’a donné le frisson: la musique visuelle».

 Marc Nader souligne le plaisir que lui a procuré cette mission: « Je me sentais comme novice. J’ai travaillé durant trois mois, sans me presser. J’ai fait de nombreuses séances au palais où j’ai accédé à tous les recoins».

Pour les instruments, Nader utilise ceux de sa propre collection et en emprunte un grand nombre, d’amis ou des établissements Mozart Chahine. «J’ai ainsi découvert des instruments «amusants», intéressants, comme le kokiriko, d’origine latino-américaine, qui sert à imiter les bruits de la nature; une flûte de Pan antique ou une autre, Inca...».

Côté technique, «ma devise était: «faire» le plus simple possible», indique Nader. «J’ai choisi un appareil simple, avec un objectif unique, et un trépied. Ni éclairage d’appoint, ni réflecteur, ni déflecteur; rien que la lumière naturelle. Je pense, ajoute-t-il, qu’il est inutile de recourir à des acrobaties techniques pour réussir une photo».

 Le résultat est là, étalé sur 52 pages. Netteté, jeu de formes ou de couleurs... le cadre au service de l’instrument, le mettant en relief, ou le contraire. Des images d’une pureté quasi palpable, comme le «granulé» de ce tambourin «oriental», placé devant un vitrail, pris à contre-jour...

 «Je voudrais qu’on reconnaisse la photographie comme un art à part entière. Le noir et blanc comme la couleur», dit-il. «On peut faire des merveilles avec peu de choses. Depuis mon retour, je suis scandalisé par la dose de plagiat qui existe dans le domaine de la publicité, par exemple. Il suffit de regarder autour de soi pour trouver des idées, créer, inventer».

Encore faut-il avoir l’œil, et le bon... et le don.<

 

Marc Nader - La Musique au Palais

Hervé Le Goff - © www.photographie.com, Juillet 1997

Le travail sur les instruments de musique est en réalité une commande du Festival de Beiteddine 97, sur la collection conservée au palais. Pour s'échapper des mornes contraintes du catalogue, Marc Nader a eu l'idée d'associer les instruments à l'architecture de leur princière demeure. Cela donne ces images étonnantes et précieuses où les marbres, les bois et les cuivres se marient dans le même raffinement, sous le signe tutélaire de l'art.<


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